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1. Mandela
et le Congrès National Africain
Initialement, lorsque
Mandela s’est impliqué dans le Congrès National Africain (CNA), il privilégiait
une stratégie de résistance non-violente. Devant l’intransigeance du
gouvernement sud africain face aux revendications du CNA, Mandela et six autres
jeunes Africains décidaient de transformer le CNA pour en faire un mouvement de
masse plus radical. Pendant ce virage stratégique, Mandela a été le grand
artisan de plusieurs chartes, plans et programmes. Entre autre, il a été co-auteur
du programme d'action réclamant le boycott, la grève et la désobéissance
civile. Mandela était également très impliqué sur le terrain. En effet, il a
été nommé chef volontaire pour la campagne de résistance contre les lois
injustes. Dans le cadre de ses fonctions, il a voyagé dans tout le pays pour
aider à l’organisation des volontaires. Il a été arrêté pour sa participation
active dans cette campagne et a été confiné à Johannesburg pour plusieurs mois.
Pendant cette période de restrictions, il a ouvert la première firme d’avocats
noirs d’Afrique du Sud. Les causes qu’il a représenté devant le tribunal l’ont davantage
sensibilisé à la souffrance du peuple sud africain.
Pendant cette première
période, Mandela a occupé des postes importants dans le CNA. Cependant, il
comptait principalement sur ses capacités personnelles pour mobilier et motiver
les volontaires. Il respectait les personnes qui l’entouraient et était
respecté par elles.
2. Mandela :
la révolution
Les efforts de Mandela
et du CNA commençaient à rapporter des dividendes. La population se mobilisait
de plus en plus pour appuyer l’idéologie du CNA et le gouvernement était visiblement
dérangé par cette opposition grandissante. Parce que toutes autres tentatives
avaient échoué pour faire valoir les idéaux du CNA, l’utilisation de moyens
plus violents semblait inévitable. Mandela est devenu le commandant en chef de
l'armée du CNA et a mené une campagne de sabotage contre le gouvernement. En
raison de son implication dans cette campagne, Mandela a été accusé de haute
trahison dans le procès de Rivonia en 1964. Dans sa cellule, il a préparé un
discours qui ressemblait davantage à un discours politique qu’à une défense :
" I have fought against white domination, and I have fought against
black domination. I
have cherished the idea of a democratic and free society in which all persons
live together in harmony and with equal opportunities. It is an ideal, which I
hope to live for and achieve. But if needs be, this is an ideal for which I am
prepared to die"[2] (Mandela, statement from the dock in the
Rivonia trial). Cette déclaration confirmait que Mandela préconisait
des moyens plus radicaux pour favoriser l’émergence de ses idéaux.
Pendant cette deuxième
période, Mandela a vraiment commencé à s'imposer comme principal chef de la
résistance. Pour occuper ses fonctions, il a dû faire de nombreux sacrifices.
En effet, il était forcé de vivre isolé de sa famille et devait continuellement
se déplacer pour échapper aux informateurs du gouvernement.
3. Mandela
en prison
Après l'épreuve de
Rivonia, Mandela a été condamné à l'emprisonnement à vie. Il a finalement été
incarcéré pendant 27 ans avant d’être libéré. Durant cette période, son fils
est mort sans que Mandela n'ait assisté à l'enterrement. Malgré la grande
tristesse qui l’affligeait, il a fait preuve de sang-froid et s’est donné comme
nouvelle mission de défier l'autorité sur chaque indignité subie de façon à
imposer progressivement ses volontés à ses ravisseurs: "n'importe quel
homme ou établissement qui essaye de me voler ma dignité perdra". Dans le
but de le manipuler pour décapiter le mouvement de résistance en Afrique du
sud, le gouvernement l'a isolé de ses compatriotes de cellule à plusieurs
reprises. Plusieurs remises de sentence lui ont été proposées s'il convenait
d’abandonner ses idéaux. À chaque occasion, il refusait et restait intègre :
"seul les hommes libres peuvent négocier". C’est d’ailleurs ce même Mandela
qui a négocié la transition de l’apartheid à la démocratie alors même qu’il
était encore emprisonné.
Pendant cette période, Mandela
a fait preuve d’intégrité et de dignité morale. Bien qu'il ait été humilié et
tourmenté, il est resté fidèle à ses idéaux et n'a jamais abandonné. Il a mené à
terme d’importantes négociations qui mettaient un terme à l’apartheid.
4. Mandela
prêche l’unité
Peu
de temps après sa libération en 1990, Mandela acceptait de suspendre la lutte
armée et favorisait un retour à la paix. Mais il devait encore gagner l'appui
public et unifier tous les groupes, incluant la minorité blanche. Dans cette
dernière phase, il a fait preuve d’intégrité, de sagesse et de patience pour
prêcher la réconciliation : "I knew that many people, particularly
minorities, would be feeling very anxious about the future, and I wanted them
to feel secure. At
every opportunity, I said all South Africans must now unite and say we are one
country, one nation, one people, marching together into the future"
(1996).
Sinclair (1995) a déterminé
4 grands regroupements de qualités présentes chez un leader. Dans la première
catégorie, nous retrouvons les habiletés cognitives et la performance lesquelles
incluent, entre autre, les capacités intellectuelles et stratégiques du leader.
À cet effet, Mandela possède une grande créativité et est reconnu comme ayant
une mémoire et une capacité d’apprentissage au dessus de la moyenne (Sampson,
1999). Des qualités comme la motivation, l’énergie, l’initiative et la capacité
d’inspirer les autres entrent dans le deuxième groupe à savoir les qualités de
motivateur (Sinclair, 1995). Sampson (1999) a fait remarqué dans sa biographie
de Mandela à quel point ce dernier pouvait motiver et inspirer son entourage
par son charisme et sa confiance. Le troisième regroupement est celui des
habiletés interpersonnelles (Sinclair, 1995) telles que la communication, l’écoute
et la gestion des ressources humaines. Mandela possède beaucoup d’habileté dans
ce domaine. Il avait le don pour mettre les gens à l’aise et créer un contact
chaleureux qui favorisait l’établissement d’un climat de confiance. Il avait
cette facilité à communiquer des messages clairs et à écouter ceux que ses
interlocuteurs avaient à dire. C’était un leader qui préconisait toujours l’usage
du « nous » et se gardait de prendre tout le mérite. Au contraire, il
partageait chaque petite victoire avec son entourage et ne manquait pas une occasion
de souligner leur apport. Finalement, comme dernière catégorie, nous retrouvons
les habiletés administratives (Sinclair, 1995). Plusieurs qualités font partie
de cette catégorie dont la capacité à prendre des décisions, la flexibilité et une
bonne vision. Mandela a toujours su insuffler sa vision à toute la nation sud
africaine ce qui a permis l’unification des différends groupes et la fin de l’apartheid.
Par ailleurs, même après plus de 25 ans d’emprisonnement, il a été en mesure de
négocier la transition entre la période apartheid et démocratie. Durant cette
période, il a subit d’importantes pressions de la part des autorités
gouvernementales mais il est resté intègre à son idéologie ce qui lui a permis
de prendre de bonnes décisions. Mandela possédait donc des qualités dans les 4 grands
regroupements de Sinclair. Mandela a non seulement marqué l’histoire de son
pays mais son leadership a également inspiré le monde entier.
1912 Le Congrès National Africain
(CNA) est fondé.
18/07/18 Nelson
Rolihlahla Mandela est né dans un petit village situé dans la province de
Trankei en Afrique du Sud.
1942 Il
joint les rangs du Congrès National Africain (CNA).
1944 Mandela,
Tambo et Sisulu forme la ligue pour la jeunesse du CNA. Ils souhaitent
transformer le CNA en mouvement de masse.
1948 Le
Partie National accède au pouvoir. Le gouvernement implante de nouvelles lois
supportant la discrimination raciale et l’oppression.
1949 Comme réaction, la Ligue Jeunesse du CNA propose un
Programme d'action qui préconise la grève massive, les boycotts et la
désobéissance civile.
1950 Le
Partie National renforce l’apartheid et prévoit écraser tout mouvement de
résistance.
1951 Mandela est élu président de la
ligue pour la jeunesse du CNA.
06/1952 Le
CNA lance une campagne de résistance pacifique.
12/1952 Mandela
ouvre un bureau d’avocats dans le centre-ville de Johannesburg et défend de
nombreuses causes de personnes noires opprimées par l’apartheid.
À
la conférence annuelle du CNA, Mandela devient le Président député. Il est
l’architecte du « M-Plan » qui prévoit des actions souterraines.
1956 150
personnes dont Mandela sont arrêtées et jugées pour haute trahison. Le
« Procès Trahison » occupera la majeure partie du temps de Mandela
pour plusieurs années.
21/03/1960 Massacre
des manifestants noirs pour la paix à Sharpeville : 69 personnes sont décédées.
1961 Le
« Procès Trahison » s’effondre et Mandela est déclaré non coupable.
Il se cache afin de mener une campagne pour une nouvelle convention nationale.
La
violence est inévitable. Mandela devient le Commandant en chef de l’armée du
CNA et débute une campagne de sabotage contre le gouvernement. Les actions
entreprises visent les bureaux gouvernementaux et les symboles de l’apartheid
mais évitent la population.
1962 Mandela
vit à l’étranger et prend part à des formations militaires en Algérie
1962 Mandela
revient en Afrique du Sud et est arrêté. Pour avoir quitté le pays et inciter
la population à la grève, il est condamné à 5 ans de prison.
1964 Mandela
et d’autres leaders du CNA sont accusés de sabotage et de tentative de
renversement du gouvernement dans le Procès Rivonia. Ils sont condamnés à la
prison à vie.
1980 Tambo
lance une campagne internationale pour exiger la libération de Mandela.
1986 Des
pourparlers secret ont lieu entre Mandela et le gouvernement. Mandela prend la
décision de ne pas consulter les autres leaders du CNA.
1989 Frederick
De Klerk entre au pouvoir en Afrique du Sud. Il relâche plusieurs prisonniers
issus du Procès Rivonia et débute le démantèlement la structure de l’apartheid.
11/02/1990 Mandela
retrouve sa liberté après 27 ans d’emprisonnement.
6/08/1990 LE
CNA et le gouvernement signe un accord qui met fin à la lutte armée
1991 Mandela
devient le président du CNA
1993 Mandela
et Klerk reçoivent conjointement le prix Nobel de la Paix. Mandela est récompensé pour son combat contre le racisme et son
travail pour la paix
10/5/1994 Mandela
devient le premier président élu démocratiquement d’Afrique du Sud
06/1999 Mandela
se retire de la vie publique
Bibliographie
Article
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Matthews, Nelson Mandela, and Stephen Biko. Journal of Black Psychology,
Washington, Vol. 23, Iss. 3, pg. 310
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review: Mandela - The Authorized Biography
Le dictionnaire historique et géopolitique du 20e
siècle, sous la direction de Serge Cordellier, Éditions La Découverte et Syros,
Paris, 2000
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Site web
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(Page consultée le 11 mars 2003).
Time 100: Leaders
& Revolutionaries-Nelson Mandela. [En ligne]. http://www.time.com/time/time100/leaders/profile/mandela2.html,
(Page consultée le 9 mars 2003).
Portrait réalisé par Sébastien Audy dans le cadre du cours GIE
64375 "Relations
humaines dans les affaires internationales", Programme de MBA en gestion
internationale
de l'Université Laval, Professeur Gérard Verna,
[1] Le
dictionnaire historique et géopolitique du 20e siècle, sous la
direction de Serge Cordellier, Éditions La Découverte et Syros, Paris, 2000
[2]
Nelson Mandela Biography. [En ligne]. http://www.polity.org.za/people/mandela.html,
[3] The long way walk of Nelson Mandela, Chronology. 1999 [En ligne]. http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/mandela/etc/cron.html (Page consultée le 11 mars 2003)